Interview avec Laure sur son expérience pendant le confinement

L’équipe de Lumanisy et son service social du travail ont été très sollicités pour faire face à la crise liée au Covid 19.

Découvrez aujourd’hui l’interview de Laure, assistante sociale du travail chez Lumanisy depuis 9 ans. Elle nous parlera de son expérience et de son ressenti pendant cette période. Voici son témoignage.

Laure GUILMIN - Manager de proximité - Assistante sociale

Quelles ont été les demandes liées à la Covid-19 pendant la période de crise sanitaire ? 

Cela dépendait des entreprises dans lesquelles on intervenait. Personnellement, j’ai plutôt eu des demandes liées à “l’aide aux aidants”. Ce sont des salariés qui aidaient des personnes “fragiles” de leur famille ou de leur entourage. Ils étaient souvent inquiets, et avaient besoin d’aide par rapport au dispositif mis en place pendant le confinement pour faire valoir leur arrêt. 

Il y a eu aussi des parents en difficultés. Pour eux, nous avons mis en place des solutions de garde d’enfant, prises en charge par l’employeur. Les salariés passaient par le service social pour être accompagnés dans toute la mise en place du dispositif. Ça leur permet de faciliter les démarches et d’être plein sereins au travail. Nous avons eu aussi des demandes et des inquiétudes liées aux démarches administratives pour trouver des modes de garde (crèche, à domicile…). 

Bien entendu, et malheureusement, un renforcement du suivi des salariés fragiles, donc isolés, avec une pathologie déclarée, ou en arrêt de longue durée a été nécessaire. On appelait ces personnes tous les 15 jours, c’étaient des entretiens pour vérifier s’ils allaient bien ou pour mettre en place des aides si nécessaire. Nous avons eu aussi beaucoup d’accompagnements administratifs pour les gardes d’enfant, les arrêts des personnes fragiles, le chômage partiel, etc. Il y a eu quelques demandes de salariés dont les revenus avaient baissé concernant le chômage partiel. Mais personnellement, je n’en ai pas eu beaucoup, car les entreprises dans lesquelles j’étais n’ont pas eu de baisse d’activité qui nécessitait un tel dispositif. 

Est-ce que dans les entreprises dans lesquelles tu intervenais, le télétravail été bien perçu par les salariés ? 

Le télétravail en soi a été plutôt bien perçu, d’ailleurs il y a eu une augmentation des demandes à passer en télétravail pour un certain nombre de salariés dans les entreprises où j’interviens. 

Par contre, ce qui a été très compliqué à gérer pendant cette période-là, c’était la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle (avec à la fois la garde des enfants et le télétravail).

Pendant cette période de crise sanitaire, l’organisation du travail était semblable à des cellules de crise. Le contexte n’était pas propice à faire du télétravail. Par conséquent, les salariés travaillaient beaucoup, ils commençaient tôt et ils avaient du mal à déconnecter. Ces difficultés rencontrées par les salariés sont principalement liées à la crise et non à l’organisation du télétravail. En période normale, le télétravail aurait été moins difficile à mettre en place.  

À l’avenir, seront-ils plus favorables à la mise en place du télétravail ? 

 Oui, ils sont très favorables à la mise en place du télétravail. D’ailleurs, j’ai une des entreprises dans lesquelles j’interviens, qui développe ce mode de travail. Ils sont passés à 2 jours en télétravail et 3 jours en présentiel. Depuis le début du déconfinement, il applique cette organisation. À l’avenir, je pense que l’entreprise continuera à mettre en place des modalités similaires pour favoriser la pratique du télétravail. 

Avec la crise sanitaire de cette année, est-ce que de nouveaux facteurs de risques psychosociaux sont apparus ? 

Oui, cette crise sanitaire a déstabilisé un peu tout le monde, il y a des salariés qui étaient très inquiets, qui avaient peur d’être malades, peur de l’avenir, car ils ont du mal à se projeter… Il y a de nombreuses inquiétudes économiques. Ils se demandaient si leur entreprise allait tenir le coup. Est ce qu’il allait y avoir des licenciements, des plans de sauvegarde de l’emploi. Nous avons eu tout de même quelques clients  impactés directement par cette crise. Avec la baisse d’activité et le nombre de commandes, ils sont passés en chômage partiel pour l’été et la rentrée en septembre.  

Avec la période de crise que l’on a vécu cette année, est-ce que le métier d’assistante sociale du travail que tu pratiquais a changé ? 

Il y a eu un changement dans le sens on a dû s’adapter au maximum au travail en distanciel. Être assistante sociale du travail c’est avant tout être au plus près des personnes, et avec la période de crise cela aurait pu être plus compliqué. Mais chez Lumanisy, j’ai eu la sensation que nous avons bien rebondi face à la situation. Nous avons eu les outils adaptés pour assurer la continuité de notre service social. Tous les membres de l’équipe ont reçu un compte Lifesize pour pouvoir faire des entretiens en visio. Nous avions aussi des ordinateurs et des téléphones portables qui nous permettaient de nous faciliter la communication avec les salariés.  Nous avons eu tous les outils de communication nécessaire pour assurer les entretiens comme en présentiel. 

De plus, personnellement, cela m’a permis de gagner du temps, notamment dans les démarches qui sont tout aussi réalisables à distance. Cependant il est important de ne pas négliger la qualité de notre accompagnement auprès des collaborateurs.

Avec la crise sanitaire, le service social est-il devenu incontournable dans la stratégie de gestion des ressources humaines ? 

Complètement, cela dépend toujours de la place que nos clients accordent au service social. Pour, les clients avec qui je travaillais, nous avons vite échangé ensemble et en collaboration pour se donner des lignes d’actions possibles.

Pendant cette période je n’ai pas seulement collaboré avec le service des ressources humaines, j’ai eu aussi l’occasion de traiter avec un peu tous les services. Nous avons été très sollicités pour les soulager de la mise en place d’un plan de continuité d’activité, qu’ils auraient dû gérer en plus. Le service social Lumanisy est plutôt perçu positivement par les collaborateurs, car ils reconnaissent que la hiérarchie met en place ce service pour eux, pour leur bien-être et pour les aider à concilier leur vie personnelle et professionnelle. Le service social Lumanisy est important pour leur stratégie de gestion des ressources humaines. Nous sommes présents dans  les communications internes de nos clients. 

Est-ce qu’aujourd’hui encore vous avez des demandes liées au Covid 19 ? 

Quelques unes, mais il y en a beaucoup moins que pendant le confinement. Cependant il y a encore certaines situations compliquées, notamment avec les centres de loisirs fermés, les salariés fragiles qui ont du mal à revenir travailler parce qu’ils ont peur… 

Ce sentiment de peur se fait-il moins ressentir aujourd’hui? 

Oui, il se fait moins ressentir, mais il y a toujours de l’incertitude auprès des salariés. Nos clients et partenaires ont su mettre en place les protocoles sanitaires nécessaires pour protéger et rassurer leurs collaborateurs (port du masque, gel hydroalcoolique, sens de circulation, …) 

Données recueillies par Mathieu Verchere

Le 30/07/2020