Découvrez aujourd’hui l’interview de Tifanie, consultante en service social du travail. Elle nous parlera de son expérience et de ses missions sur le handicap chez nos partenaires. Voici son témoignage

Tifanie JAOUEN - Assistante sociale de Lumanisy, service social du travail en entreprise

Quelles sont pour toi les principales missions du service social de Lumanisy en lien avec le handicap ? 

« Pour moi la première mission, c’est d’informer les directions et leurs salariés sur le fonctionnement du système lié au handicap. 

Il est important de les sensibiliser en amont pour pouvoir ensuite mettre en place des actions. Il faut partir de leur situation actuelle, tenir compte de leurs besoins, leur réalité, et les emmener avec nous. Une fois que chacun comprend l’intérêt que cela peut avoir, pour soi et/ou pour le collectif, cela donne naissance à une dynamique. Nous comprenons alors l’intérêt d’y accorder du temps. »

Concrètement, comment travaillez-vous ce sujet sur le terrain ?

« Dans un premier temps, je les informe sur le fonctionnement du système, et les avantages qu’ils pourraient y trouver. 

Ensuite, cela passe par le suivi des salariés sur le terrain. Certains se font connaître, d’autres sont orientés par leur manager, un collègue, le service de santé au travail. Le suivi des arrêts maladie permet également de connaître en amont des situations fragiles. Il s’agit d’identifier les potentiels freins, une gêne. 

Je suis alors en mesure de présenter des dispositifs qui pourraient être aidant, limiter voire lever la gêne, tant pour le salarié que pour son organisation.  

Il faut être très transparent et franc avec les salariés et leurs organisations. Je leur présente les avantages et les potentiels inconvénients de cette reconnaissance de Handicap. Ce dernier point les freine bien souvent par méconnaissance. Ils ont parfois besoin d’un temps de réflexion. Je reviens donc vers eux pour qu’on en rediscute ensemble. Généralement, ces situations sont constructives pour tout le monde. »

 

Quels sont les handicaps professionnels les plus fréquents que tu as rencontrés ?

« Il y a beaucoup de problématiques mécaniques, les douleurs musculaires, les problématiques de dos, les pertes d’audition également. Certaines peuvent être d’origine professionnelle, d’autres non. Ces situations peuvent entraîner des troubles du sommeil, de la concentration, de la mémoire qui impactent le travail et la motivation. Par exemple, j’ai réalisé beaucoup de dossiers de financement liés à des problématiques auditives, car les restes à charge peuvent être élevés pour le salarié, ou encore des dossiers de financement d’équipement professionnel car ces solutions coûtent cher à l’entreprise. »

Quelles sont vos relations avec les organismes d’aide et de financement ? 

« Nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires, avec la Maison Départementale des Personnes Handicapé (MDPH), un organisme de financement (l’Agefiph) et un organisme d’aide à l’aménagement du poste (Cap Emploi). Ils nous informent régulièrement des nouvelles Ces aides peuvent être matérielles (aménagement de poste), mais elles peuvent également permettre de prendre en compte la perte de productivité d’un salarié en situation de fragilité. Par exemple, j’ai accompagné un collaborateur qui avait des problèmes cardiaques et mécaniques. Sans ses problèmes de santé, il aurait produit 30 pièces par semaine. Mais à cause de ses soucis de santé, il n’en produisait plus que 10. Cette situation remet en question la performance, et peut poser problème à la production, et alors on se questionne sur le maintien dans l’emploi. L’idée est donc d’amener l’entreprise et son service RH avec nous, pour qu’il accepte de maintenir ce salarié tout en sollicitant une aide. L’entreprise a donc maintenu l’emploi de leur collaborateur même s’il produisait moins, car nous avons obtenu une aide permettant de financer l’écart de production, et le tutorat que pouvait nécessiter son handicap. »

Comment est perçu le handicap en général par les collaborateurs ?

« Cela dépend, mais je dirais que cela a évolué positivement en 10 ans. 

Avant, il n’était pas rare que j’entende « c’est un cotorep ». Cela avait une signification discriminante et négative, ça cataloguait la personne concernée comme étant « moins capable ». La loi de 2005 nous a contraint à revoir nos organisations, améliorer l’accessibilité des personnes handicapées, et participe au changement de regard sur le Handicap. Maintenant on parle de maison départementale des personnes handicapées. » 

 

Quels sont les avantages de faire appel à l’équipe Lumanisy pour nos partenaires ?

« Nous avons une connaissance approfondie du système lié à l’emploi des personnes en situation de handicap. Nous connaissons les points forts et les potentiels inconvénients de ce système. Nous nous tenons en veille professionnelle, nous apprenons à connaître nos partenaires et cela nous permet d’être réactif et créer un maillage autour de l’entreprise, du salarié. » 

 

Données recueillies par Mathieu Verchere

Le 18/11/2020